L’invitation au voyage

Vous faites quoi vous en Juillet?

Moi, ce que j’aime c’est m’allonger au ras de l’herbe, entendre les cigales, sentir les parfums de thym et de romarin … profiter de la nature!

P1010267

« Courir dans les tournesols
Marcher dans les champs de blé
Retrouver les parasols
Et le goût des nuits d’été
Les chevaux qui caracolent
Les souvenirs les démêlés
Et les pastilles de menthol
Le goût de la liberté « 

(Les tournesols Marc lavoine)

Et quand « j’aime » , j’ai besoin de créer.

Aujourd’hui je voudrais vous faire partager une autre de mes passions: la broderie.

Le tricot et le crochet sont pour moi des activités que j’aime pratiquer au milieu des miens, ou devant la télé ou avec mes amies car moi c’est fédérateur de liens et de groupe: conversations copinesques, match de foot, ou partage avec mes petits, je suis avec tous et j’aime sentir la vie autour de moi.

Pour la broderie, c’est bien plus un voyage intérieur, une sorte de retraite spirituelle. J’ai besoin de calme, de silence et de concentration.

« Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté. »

J’ai toujours aimé brodé et déjà petite je tirais l’aiguille et la langue sur des canevas, des points de croix ou porte-serviettes.

Il y a quelques années j’ai eu l’immense honneur de rencontrer Mme Benedicte Réveillac. Et cette rencontre a été pour moi une révélation.

Le salon de l’aiguille en fête 2015 lui consacre une exposition et voici ce qui est dit sur elle:

« Le parcours d’une brodeuse atypique…

Est-ce pour avoir musardé durant toute son enfance et son adolescence dans les campagnes marocaines et normandes qu’elle développa ce goût particulier pour la botanique ? Sans doute… De la même façon, vraisemblablement, qu’elle se forgea en ces temps-là, ce sens aigu de l’observation qui fait le bon dessinateur…

Dès 1960,son « Professorat  » de dessin de la la Ville de Paris en poche, ne se sentant guère attirée par l’enseignement, elle propose ses cartons aux éditeurs de tissus d’ameublement, Frey et Nobilis entre autres.

En 1962, la voilà dessinatrice textile pour le bureau de style très en vogue dans la capitale, « Nicole de Vésian »… De 1965 à 1974, elle vend ses créations – broderies, poupées chiffons, lingerie à la boutique Christian Dior de l’avenue Montaigne.

1972, elle quitte Paris pour la Provence. C’est là, dans son atelier, que sera fabriquée sous la marque Bénédicte Réveilhac, une gamme complète de linge de maison où la broderie prendra une place importante.

1995 marque un changement de cap important dans son parcours… En effet, à la suite d’une visite impromptue au 1er salon « Création et Savoir Faire », elle décide de se consacrer dorénavant uniquement à la broderie éxécutée à la main.

Dès lors, salons à Paris et en province, cours et stages dans sa Provence s’enchaînent… Sa créativité s’exprime aussi bien dans les kits diffusés par les boutiques spécialisées que dans les cartons qu’elle réalise pour des particuliers.

Son amitié pour Françoise Prax, créatrice de la société Alphabets à Toulouse et le goût qu’elles ont en commun pour la broderie de qualité, la décide à lui céder les droits de diffusion et d’exploitation de l’ensemble de sa création.

Aujourd’hui, elle consacre, pour son plaisir, le plus clair de son temps au dessin et à l’aquarelle… « 

Pendant une année, je me suis rendue une fois par trimestre dans son atelier en drome provençale à Saint-Paul-trois -châteaux, pour y suivre une formation de broderie.

On arrivait le matin, un petit groupe de 7/8 élèves . Elle nous faisait pénétrer directement dans son atelier où les tables en U étaient déjà prêtes. Un peu gauches et intimidées devant cette grande dame, nous retrouvions une attitude écolière de respect mêlée à une sorte de crainte! Il est vrai qu’une certaine noblesse, une autorité indiscutable, une expérience et un savoir faire inégalé se dégageait de toute sa personne.

Elle nous distribuait ensuite notre sujet d’étude, qui était choisi selon notre niveau et un par table (pour ne pas discuter comme des mauvaises élèves!), on essayait d’appliquer avec le plus grand soin tous les secrets qu’elle nous enseignait. C’était des jours magiques!

Le terme qui correspond le mieux au résultat de ses broderies est « peinture à l’aiguille ». C’est à chaque fois une interprétation personnelle et intuitive du dessin pour réaliser ses ouvrages.

Avec elle, j’ai appris à m’échauffer le poignet, pour que mes points soient  réguliers et « charnus ». J’ai appris à commencer à observer les couleurs (comme un peintre) pour créer ombres, reliefs, boucles et textures. J’ai appris à chercher le sens et la longueur nécessaire pour créer une illusion de poils, de plumes ou autre matiere.

J’ai appris à regarder la nature, un sujet de prédilection chez elle, et à aimer toutes ces teintes de paille, kaki, bronze, vert, brun qui symbolisent tant la provence sous un soleil brûlant.

A aimer ces tons mordorés qui illuminent de lumière les paysages.

« Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D’hyacinthe et d’or ;
Le monde s’endort
Dans une chaude lumière. »

(l’invitation au voyage Charles Baudelaire)

Voici le mois de juillet, je vous laisse vous plonger dans les herbes folles …

P1010259Avec le peuple de l’herbe

P1010265

P1010261

P1010262 P1010263

P1010264

J’ai eu tant de plaisirs à les broder …

Et vous? Vous faites quoi en juillet ? …

Publicités

2 réflexions sur “L’invitation au voyage

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s